Soldes d’Automne ou Échelles du couchant

P1860328

Éditeur :
Éditions Isoète – 24 Le castel – 50840, Maupertus sur mer)

Thème :
Réflexions satiriques et récits humoristiques au protagoniste récurrent à propos des diverses façons d’occuper sa retraite, notamment en collectionnant les épouvantails !

Critiques :
Voici « à l’usage des retraités présents et à venir », présentée avec malice, mais non dépourvue de sérieux, une initiation à la phobétrologie ou science des frayeurs, qu’illustre une pérégrination au pays… des épouvantails ! Le récit, à teneur symbolique, habilement mené et bien dosé, est coupé de courtes séquences de réflexion sur le devenir du retraité – sorte de vadémécum utile à celui et à celle qui, sans illusions, mais sans découragement, ont l’intention de « penser à vivre » jusqu’à la dernière minute, lorsque surgit l’heure de l’ultime épouvantail, lequel peut ressembler à cette silhouette qu’en donne le poète Verhaeren : «  Elle portait une loque de manteau roux/ Avec de grands boutons de veste militaire… » Pour sourire en méditant.

Claude Le Roy  (Les Lettres Normandes n°80)

La retraite est un cap à passer.[…]Daniel Collin s’interroge sur cette période de transition. Son cinquième ouvrage, Soldes d’automne ou Échelles du couchant, questionne et interpelle sur le sujet. L’histoire est symbolique[…] Le récit de ce passage de la vie, ponctué d’étapes décisives, est décrit avec humour. (…]Au-delà de l’histoire cocasse, le texte se distingue par un style recherché. Images, métaphores et allégories sont les outils de l’ancien professeur.

Audrey Sommier (Ouest-France – 1 août 2008 )

Extraits
Retour à la mise en scène
Une fois l’« objet » débarrassé de sa gabegie de verdure, il recula un peu pour mieux le considérer. […] Au soleil déclinant, l’ombre de l’épouvantail s’avançait vers lui ; elle lui, léchait les pieds ; il s’arrêta comme si lui était imparti un seuil où se tenir. Il posa ses outils au sol, pas trop loin de lui, et s’assit, les bras enserrant les genoux.Quelques perles de sueur lui coulaient encore sur le front, le couronnant d’éclats de lumière éphémères ; mais il semblait ne pas y prendre garde. Le « chose » le fascinait dans l’effort inutile des guenilles flottantes pour masquer la raideur des montants ; le pauvre habillage hétéroclite ne faisait que souligner davantage l’implacable nécessité, multipliant d’aguichants jeux d’ombres trompeuses et dégageant parfois le vertical jusqu’à des hauteurs impudiques comme pour découvrir une improbable jarretière. L’obscurité le surprit alors que son imagination apprivoisait de délirantes nuits de noce en arrière saison.

Épilogue raccourci
Voilà, « la messe est dite », comme on le proclame en certains lieux peu fréquentés. Ne nous berçons pas de contes bleus, ni victoire ni assomption dans la lutte finale : nous sommes tous comme la chèvre de Monsieur seguin ; le Maigre Loup insatiable, aux yeux si profonds, nous attend pour nous dévorer nous aussi. À cette différence près qu’elle, elle a fini par se coucher au petit matin ; nous, pour la plupart, nous tomberons au soir de notre vie, alors que les ombres n’auront pas cessé de s’épaissir depuis un certain temps et que notre regard, moins assuré, aura porté de moins en moins loin. Cependant, ce n’est pas une raison pour se détourner de la « montagne » à la vie intense. […] « pensez à vivre », sans tricherie, sans trop d’illusions, mais pleinement, autant que vous le pouvez ,à hauteur de votre folie. Que, dans son éclat radieux, au moment de la dernière surprise, votre rire supplante celui de l’Effeuilleuse insatisfaite.

Caractéristiques :
152 pages
mai 2008
14 €

Où acheter ?
Isoète – 24, Le Castel – 50840 Maupertus
www.orepeditions.com
Librairie Au Brouillon de Culture – 29 rue Saint Sauveur – 14000